La voix de la question

Y a plein de questions que j’ai jamais posées. Par peur de bousculer le fragile équilibre de l’univers (version officielle et politically correct). La raison off the record : c’est plus par crainte de bousculer mon interlocuteur et qu’il s’enfuie en galopant, fuyant ainsi le malaise associé à ma question qui tue. Ou par peur que sa réponse, parfois tout aussi difficile à cracher pour lui, me heurte au point que j’en arrive à regretter d’avoir voulu savoir. Pour éviter d’avoir à me commettre, d’une façon ou d’une autre. Pour éviter que l’autre se commette, d’une façon ou d’une autre… La fuite, c’est toujours moins confrontant. Dixit feu Boris Vian, « un homme digne de ce nom ne fuit jamais. Les fuites, c’est bon pour les robinets. » En tout cas… Parfois, vaut mieux oublier la fuite et se concentrer carrément sur l’idée de pas se mouiller dans une situation… qui a un potentiel élevé d' »éclaboussage ».

Y a aussi que, par habitude, j’ai vraiment tendance à tourner autour du pot. De prendre 225 détours pour exprimer mon propos, surtout s’il est controversé, délicat, ou qu’il risque de froisser un tiers plus qu’une feuille de papier d’aluminium (ce qui est le cas, 370 % du temps). De marcher non seulement sur des oeufs, mais sur le poulailler au grand complet. D’utiliser un humour tranchant et ironique pour véhiculer mes idées. L’humour est mon assurance tous risques personnelle. Si mon message ne passe pas, je peux toujours me reprendre et faire passer le tout pour une joke. En général, ce p’tit tour de passe-passe fonctionne à plein, tout le temps. Ni vu, ni connu, ni réellement exprimé, le point de vue. Trois p’tits tours et puis s’en va (lui aussi).

C’est ma fête bientôt. « C’est quoi l’rapport? », que vous vous dites déjà sûrement. Ben ça arrive une fois par année. C’est donc le temps d’un genre de bilan annuel. Comme celui d’une compagnie. Les bons coups, les moins bons. Le « chiffre d’affaires » a-t-il diminué, augmenté, stagné? Est-ce que j’ai stagné? Et les (quelques) fameuses questions qui me turlupinent depuis quelques semaines, je les pose ou pas? Avec les années qui passent s’installe le sentiment d’urgence et celui de ne plus avoir une minute à perdre. Ça fait depuis que je n’ai plus 18 ans que je me sens de même… Faque si j’vous arrive avec une question empreinte de sérieux… Dites-vous que ça s’peut, que j’pose des questions sérieuses, une fois par année ;)… Les réponses, j’peux vivre avec. J’veux juste retrouver l’guts pis l’insouciance de poser les questions. Sérieusement, à part ça. 😉

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