Le non punch-line tardif

Hey Dude. Toi, le type qui crois qu’il fait 2017 dans son approche de la gent féminine. Toi qui appartiens à la catégorie de « Tu » générale, je ne vise personne en particulier, parce que le genre d’anecdote dévoilée plus bas m’est arrivé à quelques reprises déjà, malheureusement… Toi… J’te donne un p’tit tuyau, en passant. Faut pas m’en vouloir là, c’est plus fort que moi. J’ai toujours eu la grandeur d’âme de remettre sur le droit chemin les gens aux habitudes erratiques. Tellement en fait, que plusieurs fois je me suis fait dire de me mêler de mes affaires, parce que j’aime ben ça gaver les gens de sages conseils, même s’ils sont pertinents, 356 % du temps. Mais dans ce cas-ci, j’pense que je suis honnête de dire qu’on peut faire exception. Ce cas de figure est de MES affaires.

Voilà. J’sais pas où t’étais y’a dix ou même quinze ans. À l’époque révolue où les gens utilisaient le téléphone pis invitaient les femmes à prendre un café. Pas une grosse pinte de bière là, non, juste un café, histoire de voir de quoi avait l’air la femme à jeun, pis si elle était aussi drôle qu’après une couple de verres de vin rouge. Dans le temps que les hommes nous aidaient à enlever et à mettre nos manteaux, pis qu’en prime, ils nous tenaient les portes de voiture ouvertes pour qu’on y entre en toute sécurité (cette époque me manque cruellement, ceci dit…) Mais j’vais te dire un truc. Texter une femme que t’as jamais vue en personne, passé 21 heures, c’est non, juste NON.

C’est l’équivalent d’envoyer un message sous-titré pis de non-dit à la destinataire, du genre : « En te textant tard, je t’envoie le message que je pense que t’es pas sérieuse dans la vie, que t’es une femme de rien, que t’as des moeurs dissolues pis que tu vas sûrement te donner la peine de répondre à un ÉTRANGER à des heures pas d’allure… Toi, j’te prends clairement pour la fille « guichet automatique », le Ashton 24 heures ou n’importe quelle chaîne de restauration rapide cheap, qui sert de dépannage la plupart du temps après une fin de virée dans les bars tardive pis clairement infructueuse en termes de chasse au sexe opposé.J’te prends pour une fille cheap, qui va répondre des choses salées pis dégoulinantes de sous-entendus sexuels à un INCONNU, comme si c’est tout ce qu’on avait à faire à ces heures-là, nous, les femmes célibataires pis pas d’enfants, qui n’ont pas de couches à changer, de vomi à ramasser pis de lunchs à faire pour les enfants le lendemain.

Comme si c’était tout ce qu’on avait à l’agenda après 21 heures, enfiler une nuisette en satin fuchsia, se parfumer la craque, se crémer les jambes pis s’écarter les cuisses sur notre couvre-lit (assorti à notre nuisette Victoria Secret’s) en attendant qu’un inconnu nous « allume » en nous demandant « comment ça va? » passé minuit. Sérieusement, DUDE. C’est limite harcelant, ton affaire. Ah, pis j’te dis ça de même, j’veux pas faire d’amalgame aussi cheap que ta démarche, DUDE, mais la dernière fois qu’un type que je ne connaissais que de vue m’a textée à des heures contraires à tout rythme circadien d’un être humain standard, je ne fus pas longue à me rendre compte qu’il souffrait de compulsions multiples. Pis que, bref, il cotait fort dans le DSM (Merci à mon amie Véro pour l’expression, je me permets de lui repiquer cette ligne savoureuse). Pis, en fait, ce genre de tentative infructueuse de socialisation nocturne bas de gamme, ça nous pompe l’air disponible pis ça nous gruge de la bande passante à nous, les femmes. Faque. Dude. Évite. Pour le reste de tes jours. J’ai le mérite d’être ben claire ici.

Si tu veux avoir l’air de quelqu’un de bien, d’articulé, d’intelligent, quelques trucs de base :

-Fixe un rendez-vous à la personne qui t’intéresse. Dans un lieu public et neutre. À l’heure du 5 à 7, en semaine. Comme tout le monde a des obligations le lendemain, c’est un message clair que ta démarche ne constitue pas une invitation à déraper. Du coup, t’as presque l’air sérieux pis moins con par défaut.

-Intéresse-toi (sans exagérer!) à ce qu’elle fait. Pose-lui des questions, lis ce qu’elle écrit, demande-lui quels livres elle lit, comment elle occupe ses temps libres, que font ses amies, quels types de liens familiaux elle entretient, parle-lui de son dernier voyage ou de trucs du même acabit.

-Parle PAS de tes ex (on s’en fout, des ex). Dénigre pas ta mère. Parle pas de l’état de tes finances ou de ton rapport à l’argent la première fois que tu vois la fille. Tous ces éléments sont classés automatiquement dans la catégorie « Attention, type louche ».

-Range ton cellulaire hors de ta vue (la grosse base). Éteins-le en prime. Tu vas voir, on n’en meurt pas. Au pire, tu auras à composer avec certains symptômes de sevrage durant quelques minutes (sueurs froides, tremblements, révulsion des yeux et langage en huit langues inconnues simultanément incluant de l’hébreu, ah, j’me trompe avec le descriptif d’un exorcisme là), mais j’suis sûre que tu peux t’en remettre. Dans le cas contraire, je travaille proche de Robert-Giffard, pis ça me fera grand plaisir de t’y abandonner là chemin faisant. Ne réponds pas à ton cell s’il sonne. Comme tout le monde, t’as sûrement une ou deux boîtes vocales, pis comme t’es pas président des États-Unis ni chirurgien cardiaque de garde 24 heures, tu peux sans doute, comme le commun des mortels, différer le moment de prendre tes messages.

-Ne regarde pas ta montre aux dix minutes (insultant au possible!)

-J’ai plus le temps d’ajouter d’autres conseils de base, à suivre, je dois aller travailler. Réfléchissez à tout ça, les Dude. Ça vous aidera à avoir l’air moins débiles et plus crédibles lors de votre prochaine tentative de faire contact avec le sexe opposé. Bonne réflexion!

 

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Walking on Broking glass

J’aurais aussi pu titrer en français quelque chose du genre « marcher sur du verre cassé »… J’avoue ne pas m’être forcée du tout. Degré zéro de l’effort livré. Ça fait du bien, parfois, de ne fournir aucun effort (d’écrire la paresseuse congénitale bien cachée en moi) 😉

Je n’ai même aucune idée pour quelle raison ce titre m’est venu en tête. Faut dire que c’est un titre de toune, mais encore… Allez savoir quelles connexions se sont faites dans mon esprit. C’est nébuleux.

P’tit message d’intérêt (presque) public à toi, si tu me lis, l’employeur qui cherche des effectifs (pas n’importe lesquels… des professionnels en rédaction, pis des créatifs I think so).

J’ai l’impression de marcher sur du verre cassé depuis quelques semaines. Et, en prime, de glisser dessus d’aplomb. On me disait « mais oui, votre cv a été présélectionné, nous l’avons trié sur un volume variant de 80 à 150 candidatures reçues, et nous l’avons acheminé à la direction parce que son contenu est pertinent, voire excellent dans le cadre de ce que nous cherchons » et blabla-bla, et ç’aurait pu continuer ainsi pendant une bonne heure si je n’avais pas eu le brillant flash d’ajourner la discussion, ou plutôt le monologue.

Sérieusement. Je dis ça de même. Je ne sais pas si se trouvent des employeurs, des gestionnaires, des chasseurs de tête parmi ceux qui jetteront un oeil, curieux ou blasé, sur ce texte. Mais je vous le dis. C’est hyper insultant de voir qu’un tiers porte un intérêt particulier à vos compétences, pour ne même pas daigner vous redonner de nouvelles par la suite. Ça frustre. Pour vrai. Dans le type de « valeurs » que je prône, ça ne figure nulle part. Pas même dans les petits caractères. C’est juste pas là.

Y’a deux semaines, je me sentais comme un pilote de formule un à qui l’on aurait retiré en une fraction de seconde tous ses commanditaires, pour ensuite lui annoncer, par le biais d’un gros garagiste à la face grasse pis pleine de cambouis, qu’on lui faisait don d’une digne Renaud 5. Rouillée en plus. Pas d’essieu. Pas de moteur. Pus de peinture. Pis pas de de classe non plus. Pis arrange-toi avec ça fille. « Pis y’a pus de batterie, mais tu sauras sûrement te débrouiller, la grande » (!!!)

La (seule) différence avec le pilote fictif, c’est que j’ai même pas eu droit à un échange verbal, moi. Non. Rien. Pas même un courriel de deux lignes (excluant la signature de l’expéditeur). On ne m’a juste pas recontactée, alors que j’étais soi-disant en (très) bonne position pour briguer le poste. Cibole. Je me demande bien ce qui serait arrivé si je ne m’étais pas plus distinguée des autres candidats qu’une canne de pois President choice versus le Géant vert dans une dégustation à l’aveugle. (On remarque ici mon effort particulier de franciser la marque de pois la plus populaire!) Hahahahahaha… (insérer un rire blasé et sardonique ici pour agrémenter votre expérience de lecture à un niveau exponentiel). Crisse.

Dude… Pourquoi te donner la peine de me gonfler l’ego comme une baudruche (à moins que t’aies carrément inventé que mon cv a été présélectionné, ce qui, je l’admets, me laisserait vraiment perplexe quant à l’utilité d’un tel geste) si c’est pour t’éclipser dans la nature par la suite? Y’est où, le gain que je ne vois pas? J’avais envie de répliquer « fuck you ». Mais on m’a bien élevée. Ma mère roule encore des yeux quand je sacre trop. Quand je me choque trop. Quand je sape avec ma soupe pis que je crie de rage pour trois fois rien. J’imagine que dans son temps, les femmes, ça fumait pas, ça mangeait pas, ça passait ses licences à 32 ans, ça roulait pas des yeux pis ça répondait jamais rien, sauf si on l’interpelait directement. J’sais plus. J’sais juste que je l’ai en travers de la gorge pas juste un peu, ma Renaud 5 pis le sabot de Denver qu’on a posé dessus. Je déteste la chose automobile en plus. C’est pas peu dire, même ma métaphore ne tient pas la route (un morceau de robot pour le jeu de mot aussi plate que déroutant). Pouahahahaha.

En tout cas. Vous êtes avisé que je trouve ça irrespectueux, mal appris, mal léché pis vraiment n’importe quoi qu’on se barre sans me donner d’explications. À tous les niveaux. Dans tous les contextes. Ça ne se fait pas. Point barre. Rien à ajouter. Déjà que j’ai dû composer avec un déserteur professionnel dans ma vie personnelle il n’y a même pas un mois, me semble que pas besoin d’avoir le courage d’un cascadeur professionnel pour oser s’enfarger dans ses mots en annonçant à quelqu’un qui fait des pieds et des mains pour se replacer dans quelque chose qu’il aime qu’on l’a pas retenu.

Courage, Dude. C’pas si dur à faire. T’as une langue, t’es capable. Va faire du bungee, au pire. Pis je te le dis pareil (personne sait c’est qui anyway). Fuck you! (Ça fait du bien, désolée maman ;))

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